Notre Dame de la Délivrance

 

Histoire de l'église

 

Au début des années 1890, la paroisse de Notre-Dame de la Délivrance a besoin d'une nouvelle église. Pour cela, les matériaux d'une église abandonnée située à la Providence sont amenés à la Redoute. Le chantier débute en 1893 et s'achève en 1897, surveillé de près par le Père Berthomieu et l'ingénieur communal Auguste Bénard.

 

Au début des années 1890, sur le site de La Providence autrefois géré par les Pères du Saint-Esprit, les moellons et pierres taillées d'une église abandonnée depuis les années 1870 forment un amas de matériaux qui attirent l'attention du Père Berthomieu.

En 1872, le Conseil Général, propriétaire de La Providence, accepte de céder gratuitement ces ruines à la municipalité de Saint-Denis pour la construction de la nouvelle église Notre-Dame de la Délivrance. Auguste Bénard, ingénieur communal, se charge de dessiner les plans et le conseil municipal les approuve le 7 juillet 1893. Pour mieux mettre en valeur l'église, Bénard la positionne dans l'axe de la rue de la Compagnie, donnant ainsi une remarquable perspective au bâtiment.

Le 15 Août 1893, jour de l'Assomption, les autorités religieuses et civiles se réunissent pour la cérémonie de la bénédiction et de la pose de la première pierre. Suivant la prescription de la liturgie sacrée, une croix de bois est plantée la veille à l'emplacement du futur autel. Jour après jour, durant cinq années, le "curé bâtisseur", soumettant sa patience à rude épreuve, exerce sans relâche la surveillance des ouvriers, contrôle l'exécution du plan de l'édifice, vérifie les livraisons de matériaux, la mise à jour de la comptabilité ...

L'édifice est construit en pierres éclatées maçonnées à la chaux avec joints en relief. Les piliers quadrangulaires qui divisent la façade sont surmontés de pinacles appareillés en pierres de taille dont la couleur gris foncé s'oppose à des zones enduites et blanchies. La façade est de style gothique toscan, encore largement en usage à la fin du XIXe siècle en France, inspirée des modèles viennois et florentins du XIVe siècle? Les façades latérales sont rythmées de contreforts en maçonnerie, décorés d'un faux appareillage tracé dans l'enduit.

 

Trois ans plus tard, en 1896, le gros œuvre est terminé. Les ouvriers se concentrent alors sur la pose de la charpenteet de la toiture métalliques fabriquées en pièces détachées dans des ateliers de l'entreprise CAIL. Ces poutres de métal sont accompagnées de feuilles de tôle destinées à la fabrication de fausses voûtes d'arêtes au-dessus de la nef et des bas-côtés. Durant la dernière année du chantier, les ouvriers s'attachent aussi à la réalisation des enduits intérieurs qui masquent entièrement les piliers par de fausses colonnes gothiques.

En 1897, les statues sont installées sur la façade : 28 sculptures dont 2 monumentales au-dessus des bas-côtés, Saint Joachim et Sainte Anne avec Marie enfant. Commandées à la maison Tête à Lyon, elles sont en terre cuite et leur style s'inspire de l'art gothique de la fin du Moyen-Âge. La même année, le Père Berthomieu obtient l'approbation du conseil de fabrique pour la construction au sud de l'église d'un caveau pour les prêtres ayant exercé à la Réunion.

Le 24 septembre 1897, dernière étape importante du chantier : les ouvriers de l'entreprise Barillet s'activent afin d'élever au sommet de la façade la statue en fonte de fer de la Vierge, la 29e et dernière du décor sculpté. C'est une copie d'une statue de la Vierge, dite de l'Immaculée Conception de Pie IX, admirée par le Père Berthomieu sur une place publique de Salles-Curan, village du plateau du Lévézou.

Le 14 avril 1898, une foule nombreuse assiste à la consécration de l'église par Monseigneur Antonin Fabre, septième évêque du diocèse, en présence des autorités civiles et religieuses. C'est, à la fin du XIXe siècle, le plus important chantier public de Saint-Denis, la plus belle église de style néogothique de la Réunion. Monseigneur Fabre, en témoignage de sa haute satisfaction, nomme le Père Berthomieu Chanoine honoraire de la Cathédrale de Saint-Denis.

Au début du XXe siècle, des embellissements sont apportés à l'église : une chaire, une table de communion exécutées dans l'atelier de menuiserie rattaché à l'église Saint-Jacques, un nouveau chemin de croix, des vitraux et surtout un décor peint remarquable terminé en 1905. Il a été réalisé par l'abbé Fulbert, père du Saint-Esprit qui séjourne une année dans l'île.

Dans la nef et les bas-côtés, il s'agit essentiellement de motifs décoratifs d'inspiration gothique. Dans le chœur et les absides, plusieurs toiles marouflées représentent des grandes étapes de la vie de la Très Sainte Vierge. Le style académique de ces peintures rappelle les grands décors religieux peints au XIXe siècle dans les églises de métropole. A l'extérieur, sur les côtés de l'église, des pinacles réalisés en béton avec un faux décor appareillé, viennent couronner les contreforts, probablement dans les années 1900-1910.

 

 

Ci-dessous, extrait du livre "Une paroisse, une église, un quartier : La Délivrance"

Superbe ouvrage de recherche en 52 pages format A4 :

Disponible à la cure  0262 21 00 62          

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